Où va le monde (de l’architecture)

Dernière mise à jour : 31 oct. 2021

Il n’aura échappé à personne qu’une prise de conscience de la population française est en cours vers une plus grande sensibilité au respect de l’environnement. Cette évolution se traduit par de petits changement très concrets (suppression des sacs plastique à usage unique, développement marqué des véhicules électriques, augmentation importante de l’utilisation des vélos en milieu urbain, tri et recyclage des déchets en augmentation) mais aussi dans les isoloirs où les français, comme dans bien d’autres pays, ont donné naissance à une « vague verte ». Tous les partis politiques ont désormais intégré un volet « écologie » ou « environnement » à leur programme. Nous assistons à un début de changement de paradigme. Ce mouvement apparait inéluctable.

Un vent nouveau souffle sur le monde du bâtiment. Une petite révolution est en marche. Depuis une dizaine d’années le cabinet Ryckwaert Chevignard Architectes s’est investi dans le développement de bâtiments durables, passifs et participatifs. Il s’agissait d’un épiphénomène regardé de loin, pas ou peu compris par les professionnels de l’architecture et de la construction. Ces derniers étaient circonspects face à ces immeubles passifs donc très performants.

Règlementation environnementale 2020

La nouvelle règlementation environnementale, la RE2020, applicable en 2022, va promouvoir et mettre en avant les solutions architecturales et techniques que nous préconisons et mettons en œuvre depuis longtemps. L’objectif : créer des bâtiments (logements, bureaux, lieux d’enseignement, commerces…) confortables, économes en énergie, respectueux de l’environnement. Il n’existe pas de solution miracle, simple et efficace qui soit reproductible. Chaque bâtiment, chaque site est évidemment unique. Qui dit plus performant, dit plus étudié. Il est indispensable de replacer au centre de l’acte de construire les architectes - assistés des bureaux d’études techniques - afin de permettre l’émergence de solutions adaptées, efficaces. Il est le seul à avoir une vision transversale et complète des enjeux (technique, économique, social, politique, environnemental, urbanistique, juridique…) liés à la construction d’un édifice. La matière grise de la maîtrise d’œuvre permettra, avec l’appui des maîtres d’ouvrages impliqués, d’atteindre des niveaux de qualité et de performance ambitieux.

Il ne fait aucun doute que des pressions s’exercent de toutes parts sur les décideurs pour limiter les effets de cette (r)évolution règlementaire que représente le passage à la RE2020. Tous les acteurs économiques concernés n’ont pas tous intérêts à voir évoluer les règles et les pratiques. Soyons honnêtes, une évolution règlementaire est rarement l’expression d’une révolution. Néanmoins, cette variation règlementaire va dans le bon sens. Cette dernière va imposer aux maîtres d’ouvrages, aux maîtres d’œuvres, aux entreprises… de penser différemment, de penser plus efficace, plus performant et plus respectueux de l’environnement.

La RE2020 ne préconise pour autant pas la construction de bâtiments durables. En effet de nombreux éléments constitutifs d’un bâtiment durable ne sont pas intégrés comme les aspects sociaux et économiques. La partie environnementale n’est quant à elle traitée que sur certains aspects (performance thermique, énergie, matériaux biosourcés…). De nombreux autres sujets pourraient être intégrés : gestion des eaux usées et eaux pluviales…

Bâtiment durable

Soyons concrets, de quoi parlons-nous ?

Un bâtiment durable répond techniquement aux caractéristiques suivantes :

- Il est majoritairement ouvert au sud et plutôt fermé au nord. Le fait d’être traversant est un plus.

- Son enveloppe est très performante (recours à l’isolation thermique par l’extérieur de 20 à 30cm, et au triple vitrage pour limiter les ponts thermiques et pertes parasites) et donc étanche (cela impose des mesures d’étanchéité à l’air en cours et en fin de chantier)

- Il utilise aux mieux les apports solaires tout en les limitant lors des périodes estivales (recours à des brise-soleil, des filtres végétaux à feuilles caduques…)

- Il intègre une ventilation double-flux afin de limiter la perte importante de calories

- Il fait appel, autant que possible, à des énergies renouvelables décarbonées (solaire, éolien, géothermie…)

Les bâtiments durables utilisent en outre des matériaux biosourcés (bois, terre crue, caoutchouc, chanvre, coton recyclé, ouate de cellulose…) L’impact carbone des nouvelles constructions est ainsi amené à baisser de manière importante.

Toutes ces caractéristiques techniques ont pour objectif de construire des bâtiments dont la température, aussi bien l’hiver que l’été, soit proche de 20°C. Le confort d’été nécessite une attention particulière.

Dans ces nouveaux bâtiments, la qualité de l’air est améliorée.

Un bâtiment durable intègre les thématiques suivantes (selon grille d’évaluation Envirobat Occitanie) :

- Territoire et site

- Energie

- Confort et santé

- Eau

- Matériaux

- Gestion de projet

- Social et économie


Frugalité et sobriété

La sobriété énergétique est de mise. Quand votre logement de type 4 à Toulouse consomme moins de 4,00 € TTC/mois pour son chauffage, alors vous vivez dans un logement (très) performant tel que nous les concevons.

La RE2020 va nous emmener tous progressivement dans cette direction vertueuse et intègre un nouveau label pour des constructions dites à « Haute Performance énergétique et environnementale ». Ces dernières devraient se rapprocher de bâtiments passifs tels que nous les réalisons, tels qu’Envirobat les promeut en Occitanie…


Quels sont les points bloquants aujourd’hui ?

Il existe des blocages à différents niveaux pour permettre la construction systématique de bâtiments passifs.

Le premier blocage est évidemment économique. Le coût initial de solutions plus performantes mais plus exigeantes techniquement est incontestablement plus élevé. On parle actuellement d’un surcoût de l’ordre de 12% à 20% par rapport à une construction répondant tout juste à la règlementation thermique 2012 (RT2012). Il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’un surcoût sur l’investissement mais évidemment une baisse des coûts de consommation. Une analyse intégrant le coût global du bâtiment sur une trentaine d’année (ou plus) permet de découvrir qu’un bâtiment durable et performant coûte au final évidemment moins cher qu’une construction moins performante (RT2012 ou moins).

Un autre point bloquant réside dans les solutions techniques disponibles sur le marché et validées par des avis techniques (ou équivalent). En effet, tous les industriels n’ont pas encore développé des solutions biosourcées aussi performantes qu’attendues. Une demande trop faible, jusqu’à maintenant, peu sans doute expliquer partiellement cette situation. Bien des solutions pertinentes restent à développer et à mettre au point.

La compétence des entreprises, de leurs cadres et plus généralement de leurs salariés va devoir monter. Les bâtiments deviennent tous les jours plus intelligents et donc plus techniques. La formation des compagnons, mais aussi des ingénieurs, des architectes et des maîtres d’ouvrage est nécessaire afin d’éviter les erreurs multiples à venir.

A titre d’exemple, nous attendons des bâtiments étanches à l’air. Cette étanchéité va être impactée par de nombreux intervenants. Sa performance va donc dépendre d’un grand nombre de personnes et du soin qu’ils voudront bien, individuellement, accorder à l’enveloppe du bâtiment. L’augmentation des exigences est une chance pour le monde du bâtiment pour se réinventer et valoriser des savoir-faire qui sont parfois en voie de disparition. La logique du « toujours moins cher » a clairement trouvé ses limites.


La construction post-Covid

Le monde du bâtiment « post-Covid » doit prendre conscience des opportunités incroyables qui s’offrent à lui pour se réinventer et évoluer positivement. Le confinement, l’évolution des conditions de travail avec l’émergence du télétravail, ont permis de rappeler à chacun l’importance d’un cadre de vie et de travail qui soit à la fois confortable, sain, économe, ouvert et respectueux de la nature.

La politique de relance économique nationale, une demande forte de logements de qualités mais aussi de bureaux adaptés… sont autant de chances données à tous les acteurs du bâtiment de se remettre en question afin d’intégrer un cercle vertueux : construisons plus respectueux et plus durable.


https://www.18h39.fr/articles/tout-comprendre-sur-la-maison-passive-en-5-dessins.html

Auteur : Lénou PIROUX
Maison passive

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